Un jour, ce sera plus facile de donner que de jeter.

Publié le 07/11/19

Plus de 800 millions de personnes dans le monde ont faim chaque jour. Et le phénomène n’est pas cantonné aux seuls pays pauvres ou en développement. On estime ainsi qu’en Europe, près de 40 millions de personnes n’ont pas accès à un apport énergétique quotidien suffisant (2 000 calories).Si de nombreuses start-up ont fait de l’anti-gaspi leur cheval de bataille, des initiatives gratuites et désintéressées comme Little Free Pantry se développent également.

Des armoires solidaires en libre-service.

Vous connaissez déjà sans doute les armoires bibliothèques. Disposées dans les parcs ou les lieux publics, elles proposent à tout un chacun de venir y déposer les livres déjà lus et/ou d’en repartir avec d’autres. Pas de contrôle, ni de surveillance, le principe fonctionne grâce à la bonne volonté et au respect de ses utilisateurs. C’est en voyant le succès de cette initiative qu’est né aux États-Unis son pendant, avec cette fois, de la nourriture.


Une démarche libre et open-source.

Le mouvement est parti d’Arkansas en 2016, d’une mère de famille de 44 ans, qui, étonnée par l’engouement des armoires bibliothèques s’est dit que le modèle était transposable avec des aliments. Elle a ainsi fabriqué le premier garde-manger gratuit, où tout le monde pouvait déposer de la nourriture et s’approvisionner. Elle a ensuite expliqué sa démarche sur les réseaux sociaux puis sur un site web dédié… et tout s’est enchaîné.


Plus de 600 Little Free Pantry aux USA.

En quelques mois, le mouvement s’est répandu à travers tout le pays et des armoires faites main ont fleuri un peu partout au coin des rues de façon spontanée. Les plans sont d’ailleurs disponibles sur le site littlefreepantry.org et il existe même des kits de bricolage disponibles sur Amazon. Au fil du temps, l’offre s’est diversifiée et on y trouve désormais des produits d’hygiène et de toilette comme le dentifrice ou le shampooing.


Entraide et respect

Ce qui est frappant ici, c’est que contrairement à ce qu’on pourrait penser, ces garde-manger sans surveillance et en libre-service s’autorégulent d’eux-mêmes (ils sont régulièrement remplis et vidés) et ne connaissent pas de phénomènes de vols ou de dégradations. Les armoires sont respectées et mieux encore, elles participent à animer toute une communauté locale autour des valeurs d’entraide, de partage et de refus du gaspillage. Alors demain, plutôt que de sortir une poubelle pleine de surplus pourquoi ne pas pousser jusqu’au placard du coin de la rue ?

Crédit photo : Pantry