Un jour, nous aurons tous un dressing éthique

Publié le 29/04/20

La pression des ONG n’épargne personne et surtout pas les marques de la mode. Du street wear au luxe, des corners des grands magasins aux podiums des défilés… chacun est désormais obligé de se positionner et surtout d’innover. Avec en ligne de mire, la préservation de la planète mais aussi de son capital image, déterminant sur ces marchés.

La mode doit maîtriser son impact environnemental.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur 140 milliards de vêtements produits en 2019, 30% ne seront jamais portés et finiront à la poubelle. Sans parler des quelque 60 milliards de m2 de tissus jetés chaque année lors de leur fabrication. Résultat : la mode pointe sur la 2ème marche du podium des industries les plus polluantes au monde (derrière celle du pétrole). Mais les choses changent…

Une basket “verte” et respectueuse de l’environnement, c’est possible ?

Question d’éthique et d’image, les grands noms du prêt à porter sont de plus en plus nombreux à se lancer dans le durable voire même le recyclable. Dès cette année, REEBOK va ainsi sortir sa première chaussure de running à base de plantes. Baptisée FOREVER FLOATRIDE GROW, cette basket dédiée à la performance sera fabriquée à partir de graines de ricin, d’eucalyptus et de mousse d’algue ainsi que de caoutchouc provenant de véritables hévéas. De son côté, ADIDAS passe aussi en mode 100% recyclable avec sa FUTURECRAFT LOOP. Une basket faite à partir d’un seul et même composant (là où les autres modèles en nécessitent une quinzaine) et qui a l’avantage de pouvoir être entièrement recyclé. Une fois la chaussure usée, elle est ainsi transformée en granules qui peuvent servir à la fabrication d’une nouvelle basket. Un produit 100% recyclable qui permettrait, par exemple, de mettre en place un système de location ou d’abonnement où l’on pourrait rendre ses baskets une fois usées. Parfait pour réduire son impact environnemental !

Sur les podiums aussi, on cherche à limiter l’impact environnemental

Même si les grandes marques de luxe ont mis un peu de temps à prendre le pas, force est de reconnaître qu’elles sont de plus en plus nombreuses à s’inscrire véritablement dans une démarche responsable. C’est ainsi que STELLA McCARTNEY, pour sa dernière collection printemps été 2020, a présenté des créations inédites composées à 75% de matériaux recyclés. De son côté THE ETHIQUETTE, startup parisienne, conçoit des robes et des tenues à partir des chutes des maisons de grande couture et disponibles sur son site grâce à un système d’abonnement (à partir de 95€/mois pour 4 looks). Basée sur l’upcycling et la consommation durable, la jeune entreprise reverse en plus une partie de ses bénéfices à des ONG travaillant en Inde auprès des femmes. Elle démontre ainsi que, oui, la mode peut décidément tisser un avenir plus durable.

CLEAR FASHION : le “YUKA de la mode”

Faire son shopping de manière responsable et éclairée, c’est ce que propose CLEAR FASHION. L’appli permet ainsi d’évaluer plus de 70 marques de vêtements en fonction de leur impact sur la santé, l’humain, l’environnement et les animaux. Pour chacune de ces thématiques, une note de 0 à 100 est attribuée, ainsi qu’un code couleur allant du rouge au vert. Lancée en septembre dernier, l’appli, entièrement gratuite, ambitionne à moyen terme d’atteindre les 100 000 téléchargements.

L’essentiel

Vertueuse et éthique. Telles semblent être les 2 tendances à venir qui devront demain animer le marché de la mode. Pas par opportunité, mais bien par nécessité pour continuer à séduire des publics de mieux en mieux informés et attentifs à l’impact environnemental de leur consommation.

Crédits photos : Adidas, Clear Fashion, The Ethiquette