Un jour, nous serons tous copropriétaires d’un magasin (et nous y ferons nos courses !).

Publié le 09/04/19

Ils s’appellent La Louve, Ostokop, SuperQuinquin, Beescoop… et ont pour modèle Park Slope Food Coop aux Etats-Unis.

Ils, ce sont les supermarchés coopératifs, qui connaissent notamment en France et en Belgique, un vrai succès et un développement continu. Retour sur un phénomène qui en dit long sur notre rapport à l’alimentation et à la nourriture.


Tout a commencé à Brooklyn

Faire sens

C’est dans ce quartier de New-York, en 1973 que débute l’aventure du premier supermarché coopératif, avec cet objectif jamais démenti depuis “être un agent d’achat pour ses membres, pas un agent de vente pour l’industrie”. En clair, ce que la coopérative achète en gros et à bon prix, elle ne peut le revendre qu’à ses adhérents.

En pratique cela veut dire que la coopérative marge moins sur ses produits (environ 20%) mais qu’en contrepartie, elle demande à ses membres du bénévolat pour la faire fonctionner


Le psychologue devient caissier ; le graphiste, manutentionnaire

Aujourd’hui, Park Slope Food Coop regroupe près de 17 000 coopérateurs.trices, lesquels, en plus d’une cotisation à l’année, s’engagent à travailler pour le supermarché environ trois heures par mois. De la mise en rayon à l’encaissement, du déchargement à l’entretien… chacun a bien conscience que le modèle ne peut tenir que si tout le monde met la main à la pâte. Et ça marche !  La version originale ne cesse d’essaimer des petits, notamment ces dernières années en Europe où la question du bien manger est sur toutes les lèvres et dans toutes les bouches.


Y’en aura pour tout le monde !

Le premier à s’être lancé en 2016, c’est La Louve à Paris. Fort aujourd’hui de 6 000 adhérents, ce supermarché qui s’étend sur presque 1 500 m2 propose une gamme complète de produits alimentaires à majorité bio, artisanaux et locaux sans pour autant exclure ce qu’on trouve en supermarché classique, le tout bien sûr à prix raisonnables.

Depuis, un peu plus d’une centaine de projets répartis sur tout le territoire ont ou vont voir le jour : La Cagette à Montpellier, Scopéli à Nantes, La Chouette Coop à Toulouse, la Super Coop à Bordeaux… le mouvement s’accélère et un peu partout le nombre d’adhérents augmente.


Nourrir une quête de sens

Selon la dernière étude portant sur le rapport qu’entretiennent les Français à la qualité de leur alimentation (étude ObSoCo de 2016), ils étaient 82% à déclarer avoir le sentiment d’être plus attentifs à leur alimentation qu’il y a 5 ans. Rien d’étonnant donc à ce que tout un chacun cherche à reprendre le contrôle de son assiette. On comprend ainsi le succès des AMAP – Associations Pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne – estimées à environ 3 000 en France ou encore des marques comme C’est qui le patron ?, qui invite le consommateur à fixer le prix de vente le plus juste pour lui et le producteur et qui totalise depuis son lancement, il y a 2 ans, près de 100 millions de produits équitables vendus. Preuve en est que le consommateur n’a pas fini de mettre les pieds dans le plat !

Crédit photo : Park Slope Food Coop

Crédit photo : Supercoop